~ Bienvenue ~

Bonjour à tous,

Je vous souhaite la bienvenue sur ce blog où j'ai enfin décidé de montrer de quoi ma plume était capable. Bien sur il ne s'agit, pour l'instant, que d'un loisir. J'avais envie d'écrire cette histoire depuis bientôt plus d'un an, je vous laisse découvrir ce petit univers.

Je remercie d'avance ceux qui passeront par ici et qui donneront leur avis.
En espérant que l'histoire vous plaira.

Merci et à bientôt.
A.

# Posté le jeudi 26 février 2009 07:31

La marque du destin : l'histoire

Salem, Massachusetts, Etats-Unis, 1692.

La chasse aux sorcières fait rage depuis bientôt soixante ans dans le petit village de Salem, aux Etats-Unis. Sarah Perkins fait alors partie de ces dernières femmes menées au bûcher, sous les yeux effarés d'Eléonore, sa fille alors âgée de sept ans.

Incompréhension, tristesse, haine, peur se succèdent alors dans l'esprit de l'enfant : Qui est-elle ? D'où vient-elle vraiment ?

Commence alors un réel parcours afin de comprendre ce qu'elle est vraiment ...
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# Posté le jeudi 26 février 2009 07:41

Modifié le jeudi 26 février 2009 08:06

La marque du destin : Prologue

Salem, 1692.

Je voyais son corps se consumer sous les flammes et j'étais là, impuissante. A vrai dire, du haut de mes sept ans, je n'aurais pas pu faire grand chose. J'avais essayé pourtant. Des cris, des hurlements, des pleurs. Je m'étais jetée entre leurs pattes, à eux, ceux qui laissaient brûler ma mère. Eux qui l'avaient jetée sur le bûcher comme on présente une proie à son prédateur. Je les avais suppliés, bras tendus vers celle que l'on m'ôtait, mais ils ne m'avaient pas regardée. J'étais là, impuissante.

Les flammes atteignaient, à présent, ses jambes puis ses bras. Une odeur âcre de brûlé se faisait sentir et je ne pouvais pas bouger. J'essayais pourtant. Mais, les soldats, bien plus rapides que moi, m'interceptèrent et me retinrent à chacune de mes tentatives. Ni mes cris ni mes débattements ne vinrent à bout de leur force.

Dans la foule, des cris de joie et des hurlements explosaient. On se serait crû au cirque. Sauf que cette fois, la bête de foire était une magnifique jeune femme à la peau blanche et aux yeux verts ; dont la chevelure rousse battait, à présent, en duel avec les flammes de l'enfer.

L'odeur de chair brûlée mêlée aux cris et à la chaleur incessante des flammes eurent bientôt raison de moi. Je tombais inanimée sur les pierres froides de la place du village.
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# Posté le jeudi 26 février 2009 07:44

Modifié le jeudi 26 février 2009 07:55

Chapitre I

I.

Etats-Unis, Salem, dix ans plus tard.

Je pouvais sentir les flammes venir me lécher les pieds. J'avais beau remuer, je ne pouvais pas bouger. Autour de moi, les gens criaient et riaient. Je ne pouvais même pas me boucher les oreilles pour ne plus les entendre. J'étais condamnée à rester là, à les regarder savourer ma défaite sans pouvoir me défendre. Au loin, je vis passer une silhouette qui se rapprochait doucement. Une femme, sans aucun doute. Son image se fit plus claire : un visage allongé, et fin, deux grands yeux verts et une bouche généreuse. Le tout rehaussé d'une dense chevelure aux couleurs des flammes. Plus elle se rapprochait et mieux je pouvais l'identifier. Je connaissais ce visage. Mais non ... Ce n'était pas possible ... Je l'appelais :
"Maman ! Maman !"
Mais elle ne bougea pas. Elle ne me regarda même pas ! Elle s'éloigna alors que les flammes de l'Enfer me dévoraient avidement. Je me mis à hurler. Si bien que l'air manqua rapidement à mes poumons. Je suffoquais ...

L'aire manquant me tira du sommeil. Je haletais. Terrifiée, je fis le tour des environs pour voir où je me trouvais : des murs blancs, une seule et unique fenêtre avec des barreaux. De l'autre côté, une table en bois et devant, une chaise du même bois sur laquelle étaient posées un jupon en lin avec une jupe et en corsage en laine de couleur marron. On avait pris soin de poser des bas en laine blanche sur le dossier et au pied de la chaise, je retrouvai ma paire de sabots. Je poussai un soupir de soulagement. J'étais bien à l'orphelinat pour jeunes filles à l'entrée de Salem. Celui que je fréquentais depuis maintenant dix ans.

Ma respiration était toujours agitée. Je passai en revue chaque parcelle de mon corps en soulevant les draps : j'avais beaucoup grandi et m'étais affinée avec le temps. Ma peau, par contre, était toujours aussi blanche que la neige et avec l'âge, elle s'était constellée de tâches de rousseur. Mes bras, comme mes jambes étaient longs et fins. J'avais une fort jolie poitrine et lorsque je redressais mes épaules courbées, on la voyait nettement mieux. Je m'assis sur le rebord de mon lit et me levai pour faire quelques pas en direction de la fenêtre. Sous mes pas, le plancher grinça légèrement. Arrivée devant la vitre, je contemplai mon reflet : j'avais un visage fin et allongé. Hérité de ma mère, cela ne faisait aucun doute. Je pinçai volontairement mes lèvres pour leur donner de l'éclat : Deux lèvres rouges et légèrement pulpeuses, savamment dessinées pour donner à mon visage un aspect de poupée. Au milieu de mon visage était planté un tout petit nez que venaient pimenter deux petites joues roses que je pinçai rapidement. Mon regard d'inspection était coloré de vert. Après avoir constaté que rien en moi n'avait bougé, je consentis enfin à me préparer. J'allais vers le petit meuble posé contre la fenêtre sur lequel on trouvait une vasque et une bassine. En plongeant mes doigts dedans, je constatai avec habitude que l'eau y était gelée. Dans un soupir, je plongeai vivement la main pour y briser la glace qui s'était formée en surface et je portai mes doigts à mon visage. L'eau glacée me retira un frisson avant de s'étaler en gouttelettes jusqu'à la racine de mes cheveux qui étaient roux, longs et frisés.

Une fois ma toilette terminée, je passai à l'habillage. Du bruit dans le couloir m'avertit que je serais surement la dernière à la messe avant le petit-déjeuner. Je haussai les épaules en souriant : A quoi bon arriver à l'heure pour un Dieu auquel je ne croyais pas et qui plus est, avait condamné ma mère des années plus tôt ? J'avançai jusqu'à ma chaise et y saisis la tenue que j'avais préparée la veille. Otant ma chemise de nuit, je me mis dos à la fenêtre. C'est en me tordant le cou pour voir mon dos que j'y aperçus une marque étrange située tout en bas, à la naissance de mon bassin. Elle ressemblait à une série de vagues à la fois très courtes et très élancées. Je n'avais aucun souvenir de ce tatouage. Il semblait pourtant comme avoir été marqué au fer rouge. Comme si on avait voulu que je me souvienne à jamais de quelque chose. Mais quoi ? Des coups retentirent à la porte de ma chambre. J'enfilai mes chausses et sortis de la piève pour rejoindre mes camarades rassemblées en file indienne dans le couloir.

Cela faisait une dizaine d'années que je vivais ici. On m'y avait amenée suite à la mort de ma mère. Je n'ai jamais oublié son regard. Ce regard qu'elle avait quand les flammes l'ont dévorée. Je le revois sans cesse chaque nuit. On ne m'a jamais dit pourquoi on l'avait condamnée ni de quoi on l'avait accusée. Elle avait toujours été une bonne mère et maintenant encore, je m'interrogeais. Je savais qu'elles étaient nombreuses dans ce même cas. Au jour d'aujourd'hui, on ressassait de nouveau cet épisode macabre du primtemps 1594. Mais, on se taisait vite car l'église veillait au silence. Je descendis les marches et me rendis rapidement au réfectoire. Je courrai en soulevant mes jupes et passai devant le crucifix du grand hall du pensionnat. Plus que jamais, je refusai de me plier au règlement et tirai la langue à ce dieu de bois. Je n'entendis pas les pas qui se rapprochaient. Je m'apprêtai à rire de ma bêtise lorsqu'une voix se fit entendre derrière moi :
"Hum ... Hum !"
Je me retournai et me retrouvai nez-à-nez avec la mère supérieure. Je ravalai mon sourire et baissai les yeux, faisant mine de rajuster mon tablier.
"Qu'étiez-vous en train de faire mon petit ?" Me dit-elle en ne me lâchant pas du regard.
Elle me dit cela d'un air tellement maternel que je relâchai ma vigilance. Après tout, elle était celle que je méprisais le moins? Sans doute parce qu'elle était celle qui s'était montrée la plus patiente avec moi. Aussi, relevai-je le menton pour la regarder dans les yeux :
"Je partais déjeuner ma mère !"
S'il y a bien une chose qu'on ne supportait pas ici, à l'église, c'était le mensonge. Or, je ne mentais pas. J'étais juste en retard d'une dizaine de minutes. La religieuse soupira et me laissa filer.

Au réfectoire, j'observai mes camarades. Je voyais les mêmes visages depuis dix ans. Des filles qui, comme moi avaient été récupérées errantes sur les bords de la route à la sortie de Salem. Les religieuses, le plus souvent cachaient les origines de notre arrivée parmi elles. Orphelines, nous nous trouvions ici au sein d'une grande famille. Mais, je m'étais toujours sentie extérieure à tout ça. Pour moi, ce n'était pas mon monde. Et pourtant, je m'étais toujours pliée aux règles. Je n'ai pas le souvenir d'avoir toujours été une enfant modèle. Mais je me suis toujours tenue tranquille. Et pourtant, au fond de moi, quelque chose bouillait.

Un bruit de canne frappant contre le sol me ramena à la réalité. Je relevai donc la tête et l'appuyai sur mes coudes. En face de moi, des jeunes filles de mon âge. A seize ans, nous étions les plus âgées. Notre sort en était tout tracé. D'ici quelques mois, nous serions présentées à de riches familles en vue d'un mariage. Je m'y refusais. C'était des hommes qui avaient tué ma mère. Je les haïssais. Quelque chose en moi disait que mon destin avait toujours été différent de celui des autres jeunes filles. Déjà, cette marque que j'avais dans le bas du dos. Ma mère avait-elle eu la même ? Et, puisqu'on l'avait brûlée pour ses fautes, cela faisait-il également de moi une criminelle ? Le reste du repas se déroula en silence. Je levais les yeux de temps en temps de mon assiette pour regarder autour de moi. La mère supérieure qui m'avait réprimandée avant le repas ne cessait de me regarder.

Je n'avais jamais parlé à quiconque de mes cauchemars. Etant donné leur nature, on m'aurait vite prise pour une hérétique. Et, je savais très bien quel était leur sort. J'en avais vu en ville dans les premières années de mon arrivée à l'orphelinat. Des hommes et des femmes qu'on enchainait à la vue de tous. Leur visage était le plus souvent balafré, comme celui de ma mère lorsqu'elle avait été amenée en plein centre-ville, le jour de sa mort. Dans mes cauchemars, ce n'était pas ma mère mais moi qui étais dans cet état. Pourquoi ? Je ne le savais pas. Et cela me pétrifiait. Je ne comprenais rien à tout ça. La raison de la mort de ma mère et maintenant, la marque que j'avais dans le dos. Tout cela me paraissait incompréhensible. Qui étais-je vraiment en réalité ?

La mère supérieure me regardait toujours. Je pouvais sentir son regard à des kilomètres. Je passai une main dans ma nuque et rajustai ma coiffe. Au passage, mes doigts croisèrent une petite croix en argent. A son contact, ils se crispèrent. J'en eus comme des frissons tout le long de la colonne vertébrale. Je la regardai de plus près. Mon sang se glaça. J'avais entendu tellement de choses à propos de gens qui ne croyaient pas en ce dieu et qui terminaient sur le bûcher. Etait-ce pour ça qu'on avait condamnée ma mère ? Ma réflexion se stoppa nette lorsque la mère supérieure frappa dans ses mains. La première heure de la journée commençait. Je me rendis en cours.

# Posté le jeudi 26 février 2009 09:47

Modifié le vendredi 06 mars 2009 12:27

Chapitre II

II.


J'ai toujours été une enfant plutôt solitaire. Rares étaient les fois où je me mêlais aux autres. Mais, je n'étais pas agressive pour un sous. De nature plutôt calme, je préférais la compagnie des merles de la cour à celles de mes camarades. Pendant les leçons, il m'arrivait quelques fois d'être absente. Le regard tourné vers la fenêtre, menton contre mes coudes, je me laissais aller à la rêverie plutôt qu'à écouter les divagations religieuses de mes professeurs. D'ailleurs, je ne portais jamais ma petite croix. Et, celle accrochée au mur me donnait des frissons. Peut-être était-ce parce que ce dieu de bois n'avait pas sauvé ma mère dix ans plus tôt. Ou, comme je m'obstinais à le penser, c'était lui qui l'avait condamnée.

Consciente que c'était ceux qui avaient fait arrêter puis tuer ma mère qui m'élevaient à présent, je ne m'étais jamais risquer à une quelconque réaction qui aurait pu me coûter, à mon tour, la vie. De toute manière, qu'auraient-ils eu à craindre de moi ? Avec ma petite taille, mes poignets fins et mes dents à peine bonnes à déchirer les quelques restes de viande que l'on nous donnait aux repas, je n'aurais pas fait de mal à une mouche. Mais cependant, chaque nuit, il m'arrivait de penser que je vengerai, un jour, ma mère. Toutes les fois où je revoyais son exécution sur la place du village, des décharges électriques parcouraient mes membres jusqu'au bout de mes doigts, menaçant de sortir.

Je me maudissais chaque jour de ne pas avoir eu la force nécessaire pour empêcher ces hommes de mener ma mère au bûcher. En la voyant disparaitre sous les flammes, je m'étais juré de la venger. J'avais pensé que, au fil du temps, les cauchemars et les cris qui alimentaient mon sommeil, s'estomperaient mais, bien au contraire, ils se faisaient de plus en plus fréquents. Cependant, un détail m'avait toujours intrigué ! Pourquoi était-ce moi qui me retrouvais au milieu des flammes alors que c'était ma mère que j'avais vue mourir ? Etait-ce l'avenir qui m'attendait si je sortais un jour de ces murs de pierres derrière lesquels j'étais retenue depuis mon plus jeune âge ?

Le nez toujours collé contre la vitre, je remarquai que quelques mèches rousses et bouclées s'échappaient de ma coiffe. Je m'empressai de les arranger. Si ce petit détail était remarqué, je risquais le fouet. Tout, dans notre tenue, se devait d'être impeccable. A quoi bon ?, avais-je toujours pensé ? Mes robes étaient bien loin de ressembler à la magnifique toilette des jeunes filles des quelques riches familles qui peuplaient Salem. Mais, je ne sais pourquoi, c'était surtout les cheveux roux qui irritaient les religieuses du pensionnat. Une fois, j'avais vu une jeune fille, un petit peu plus âgée que moi se faire battre uniquement parce qu'une de ses mèches rousses avait quitté sa coiffe alors qu'elle avait couru dans les escaliers afin de ne pas arriver en retard.

Quand je regardais mes camarades, je ne me trouvais aucune qualité. J'étais nullement jolie et n'étais pas forcément plus intelligente qu'elles. J'avais juste cette facilité à déceler ce que l'une ou l'autre pouvait penser à un moment précis. Chose dont je ne parlais à personne. Car, si j'ajoutais cela à mes rêves répétitifs, on pourrait bien m'envoyer à la corde ou au bûcher ! Une fois, lorsque ma mère vivait encore, il m'avait semblé qu'elle avait eu cette même capacité. Nous nous trouvions alors près d'un feu_elle, occupée à tisser, et moi à jouer à la poupée_lorsque son regard avait perdu tout son éclat. Ses pupilles s'étaient dilatées, ses doigts sur le fuseau s'étaient mis à trembler et avait déclaré que l'on s'approchait de la maison. Quelques minutes plus tard, en effet, on frappait à la porte.

A ce don pouvait aussi s'ajouter le fait que, parfois, pendant la nuit, j'entendais des voix. Le plus souvent, elles étaient liées aux souvenirs de l'arrestation de Sarah, ma mère. C'était des cris, des hurlements, des coups contre les vitres et la porte de la maison. C'était les murs de ma chambre qui se mettaient à trembler quand l'intensité de ces mouvements augmentait. Quand c'était le cas, je me bouchais les oreilles et me recroquevillais sur mon lit, les jambes en tailleur. Parfois, ces voix que j'entendais ne me semblaient pas humaines. Du moins, si une des religieuses de l'orphelinat les avait entendues également, elle se serait signée cent fois. Je ne comprenais pas ce qu'elles disaient et je savais que personne ne se trouvait dans la pièce au même moment. Pourtant, elles étaient bien là, présentes dans ma tête. Je me souviens qu'on avait accusé ma mère et quelques unes de ses amies des mêmes faits. Je sentis tous mes membres frissonner et les poils de mes bras se dresser. D'autres phénomènes étranges se produisaient, des fois lorsque je me sentais menacée. Par exemple, il arrivait que le sol se mette à trembler lorsque je me mettais en colère si l'on m'accusait injustement ou bien si l'on me reprochait une faute quelconque. Et, c'était ce qui c'était passé, ce fameux soir, lorsque les hommes étaient venus arrêter maman.

Maintes fois, j'avais songé poser des questions autour de moi afin de comprendre d'où me venaient ces souvenirs et maintes fois je m'étais ravisée me rappelant l'avertissement de ma mère :
« Ne révèles jamais ce que nous sommes Eléonore ! »
Mais c'était justement ce que je voulais savoir : ce que nous étions exactement !
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# Posté le jeudi 26 février 2009 13:37

Modifié le vendredi 27 février 2009 03:08